Review By David Radcliffe, American Record Guide,May 2013
|
Review By Jean-Charles Hoffelé, Diapason,May 2013
La voix de son maître
Sibelius ne s’est pas trompé en déléguant à Robert Kajanus le soin d’enregistrer sa musique. Entre 1928 et 1932, ce dernier grave un ensemble unique, d’une urgence et d’une exactitude sidérantes. Le voici.
Sibelius dirigea son dernier concert le 2 octobre 1926. Il posa définitivement la baguette, refusant de la reprendre lorsque, au printemps de 1930, le gouvernement finlandais octroya une bourse de cinquante mille marks pour l’enregistrement des Symphonies nos 1 et 2. Une perte irréparable, surtout si l’on songe que le compositeur devait s’éteindre vingt-sept ans plus tard, alors que l’industrie discographique était parvenue à l’excellence du Long Playing.
Sibelius désigna immédiatement un ami de jeunesse, également compositeur, et chef de grande venue. Robert Kajanus, qui avait appris son art auprès de Hans Richter, présidait aux destinées de la Philharmonie d’Helsinki. Il avait d’ailleurs gravé la Marche des chasseurs finlandais dès 1928 à Berlin, à l’occasion d’un déplacement de son orchestre. Le succès commercial et critique rencontré par les premiers albums (Symphonies nos 1 et 2, extraits de Karelia) convainquit la direction de Columbia de poursuivre le projet à ses propres frais. Kajanus devait donc enregistrer les sept symphonies ainsi qu’un vaste ensemble de poèmes symphoniques parmi lesquels En Saga. La mort en décida autrement le 6 juillet 1933, à quelques jours de la troisième session londonienne. Mais Kajanus avait eu le temps de semer en terre anglaise un intérêt vivace pour la musique de Sibelius, qu’un tout jeune producteur de His Master’s Voice allait concrétiser dès 1932 : Walter Legge fondait la Sibelius Society, dont le but fut de compléter l’oeuvre laissée inachevée.
Ces gravures doublement historiques n’ont pas pris une ride, et l’on ne peut souscrire aux réserves émises par Olin Downes dans une lettre à Sibelius quant à la soi-disant médiocrité de la captation de la Symphonie no 1. On est au contraire saisi par le relief des dynamiques, la précision des timbres, la clarté dans le rayonnement harmonique. Il est vrai que le geste preste du chef et son goût pour une balance équilibrée y sont pour beaucoup. Au-delà de l’exactitude des lectures, il faut se rendre à l’évidence : Kajanus parle la langue de Sibelius. Rien de ses complexités syntaxiques ne lui échappe. On admire la cohérence des tempos dans La Fille de Pohj more....
|
Review By Jean-Christophe Le Toquin, ResMusica.com,March 2013
Evacuons d’abord l’essentiel, à savoir que ces enregistrements de Jean Sibelius par Robert Kajanus réalisés en 1930-1932 avec des phalanges londoniennes sont incontournables pour tout amateur de la musique de Jean Sibelius. S’ils ont été régulièrement édités par EMI puis Finlandia, leur mise à disposition par Naxos dans des nouveaux masterings réalisés par Mark Obert-Thorn les rend disponibles dans les meilleures conditions auditives et au meilleur prix.
Jean Sibelius considérait Kajanus comme son meilleur interprète, et quand le gouvernement finlandais décida de financer les premiers enregistrements de symphonies de son compositeur national, c’est Kajanus que choisit Sibelius. Effectivement, 80 ans après leur enregistrement, plus de 150 ans après sa naissance, les interprétations de Kajanus fascinent toujours par leur poésie (l’Andantino central de la Symphonie n°3 est un modèle à cet égard), leur flamme sans vain patriotisme (finale de la Symphonie n°2), leur sens de la course à l’abîme (conclusion du 1er mouvement de la Symphonie n°5) leur allant et leur sens du mystère, que n’expliquent pas seulement les tempos lents choisis par le chef. Sibelius avait tranché le débat : «Très nombreux sont les hommes qui ont dirigé ces symphonies durant les trente dernières années, mais aucun n’est allé aussi profondément et leur ont donné plus d’émotion et de beauté que Robert Kajanus ».
Pour soutenir ce propos et illustrer cet article, nous n’avons pas voulu choisir la couverture du troisième volume représentant un Kajanus austère et émacié photographié en 1928 (voir vignette ci-contre), et qui pourtant correspond au mieux aux dates d’enregistrement. Nous avons préféré celle où Kajanus jeune homme pose avec soin (la notice indique une date de prise de vue de 1897 mais tout, l’allure, le style de la photo et de la coupe vestimentaire donne à pense qu’elle a probablement été prise vingt ans plus tôt), avec une fierté et une ambition, un mélange de fierté rêveuse—un rien poseuse—et de détachement souverain qui donne une image juste de la grandeur et de la beauté toujours actuelle de ces interprétations. Cela fait de Kajanus, né en 1856 dans les premières années du règne Napoléon III et alors que la Reine Victoria n’avait guère que 37 ans, probablement le chef le plus ancien dont le témoignage artistique ait gardé toute sa magie et sa pertinence au XXIème siècle. © ResMusica.com
more....
|
Review By José Antonio Ruiz Rojo, Ritmo,March 2013
Robert Kajanus está considerado el más importante compositor finlandés anterior a Sibelius. En latitudes meridionales se le recuerda como firme valedor de este último (algunas obras del joven Jean fueron encargadas por Kajanus) y sobre todo por dirigir las primeras grabaciones de varias de las páginas orquestales que convirtieron a Sibelius en el eje central de la cultura finlandesa (el fallecimiento de Kajanus en julio de 1993 truncó la continuidad del proyecto). El sello Naxos pone ahora a disposición del aficionado estos registros pioneros en tres discos compactos remasterizados a partir de aquellos discos editados con el patrocinio del gobierno de Helsinki y comercializados por EMI-Columbia. Esta primera entrega nos ofrece la Primera Sinfonía y dos poemas sinfónicos, en grabaciones de estudio hechas en Londres en 1930 y 1932. Huelga decir que desde entonces las prácticas interpretativas han evolucionado mucho y estas lecturas quedan ya lejos de los logros de Barbirolli o Bernstein. Por ejemplo, los tempi rápidos de Kajanus (en parte forzados por la escasa duración de los discos de 78 revoluciones) resultan hoy inaceptables. Pero, claro, son documentos fascinantes realizados en vida del compositor (Tapiola cumplía seis años) y de obligada consulta para el entendimiento de su obra y su inmediata repercusión. © 2013 Ritmo
more....
|
Review By Remy Franck, Pizzicato,December 2012
 8.111393_Pizzicato_122012_FR.pdf
|
Review By Gary Lemco, Audiophile Audition,November 2012
In the first of three projected installments of the Kajanus legacy, producer and engineer Mark Obert-Thorn has masterfully restored the visceral performances by the old RPO and LSO that set the standard for recorded Sibelius interpretation.
Whatever the sonic limitations of the Kajanus E Minor Symphony…the clarity of orchestral detail and studied rendering of the various themes…prove taut and dramatic. Tympani, clarinet, and harp often dominate the first movement, with strings in blazing or percussive motion in attendance. The Andante extends Kajanus’ iron grip on tempo and dynamics, but he does permit a pantheistic lyricism into the music that adds a mystical flavor. A grand sweep permeates this noble rendition. Strumming strings and colossal tympani mark the Scherzo, whose woodwinds, too, engage in hearty bits of colloquy that soon explode into a dervish dance. Flute, horns, and tympani well define the bucolic trio section.
Kajanus recorded the 1906 symphonic poem Pohjola’s Daughter 29-30, June 1932…the music has a fervor that combines mystery, languor, and adventurous excitement. Kajanus raises the intensity of the piece via the LSO winds and strings quite suddenly without sacrificing majesterial grandeur for histrionics. Wonderful transparency marks this performance, and the transfer from shellacs sounds virtually seamless. © 2012 Audiophile Audition Read complete review
more....
|
Review By Rob Barnett, MusicWeb International,November 2012
[Kajanus’] Sibelius First Symphony is a thing of wildness and lulling beauty…The…extravagantly leisurely caress of the Andante contrasts with the possessed rhythms and cliff-edge drama of the finale and first movement. Detail such as the ticking harp barbs in the grand romantic flow of the finale is remarkably present for a historical recording. Kajanus is similarly gripping in Pohjola’s Daughter (Pohjolan tytär) which bristles with imagination.
…we benefit from Mark Obert-Thorn’s lavish and meticulous attention to detail. The more than capable notes are by Colin Anderson. © 2012 MusicWeb InternationalRead complete review>
|