Review By Christine Labroche,ConcertoNet.com,July 2012
La réputation internationale du Symphonique de Seattle doit beaucoup à Gerard Schwarz, qui en fut pendant trois ans le chef principal avant d’en devenir le directeur musical de 1987 à 2011 et qui en est maintenant le chef honoraire. Pour marquer cette riche collaboration sur bientôt trois décennies, Naxos leur consacre cette année une collection entière—«Seattle Symphony Collection»—au répertoire très varié, qui à son terme doit comprendre cinquante-deux disques composés d’enregistrements issus principalement des archives de Delos (le premier label du Symphonique), Naxos («American Composers»), Artek et Brilliance Audio (voir par ailleurs ici et ici).
Depuis sa création en 1903, l’orchestre n’a jamais négligé la musique américaine et Gerard Schwarz, sensible à la remarquable floraison de symphonistes de qualité en son pays tout au long du siècle dernier, a beaucoup contribué à les porter à l’attention d’un vaste public. Le programme de ce disque, à mi-chemin de la collection, en témoigne en associant un compositeur connu dans le monde entier à un second qui l’est un peu moins, et deux œuvres peu souvent enregistrées à la Suite extraite d’Appalachian Spring, célébrissime. Aaron Copland (1900-1990) composa le ballet pour Martha Graham en 1944. Ecrite à l’origine pour un petit ensemble de treize instruments, la partition donna lieu en 1945 à la superbe Suite qui valut à Copland le prix Pulitzer de la même année. C’est une musique américaine par excellence, un véritable poème symphonique dédié à une certaine idée de l’Amérique, qui évoque avec fraîcheur et spontanéité des épisodes aux climats délicats ou colorés de la vie des communautés rurales de tradition, sans pittoresque indue. Schwarz en offre l’une des meilleures interprétations, avec un relief instrumental digne d’un concerto pour orchestre. Alerte, expressive, plus noble que rustique, toute sentimentalité écartée, les attaques nettes, jamais appuyées, les demi-teintes tout en finesse, on peut la comparer à celles de Copland lui-même, voire à celles de Bernstein, quoique moins aérienne et peut-être moins espiègle.
L’Ode symphonique (1929) est d’un Copland beaucoup plus jeune dont les qualités étaient déjà reconnues par Serge Koussetvitzky, commanditaire de l’œuvre pour le cinquantième anniversaire (1931) de l’Orchestre symphonique de Boston. Copland la révisa en 1956 pour le soixante-quinzièm