Review By C. Michael Porter,Choral Journal,November 2012
This recording accurately conveys Lancino’s angst and conflicting vision of death through both a stellar performance and transparent recording engineering. Although a composition of this style may be trying to modern listeners, Inbal’s direction provides the necessary drive and, subsequently, emotional release found in Lancino’s work; at no point did this reviewer perceive stasis in the musical momentum. The result is a recording that draws the listener into the dramatically rich libretto by providing precise and moving musical moments. Moreover, special commendations go to Inbal and chorusmaster Brauer for their ability to draw clear harmonic and melodic transparency from a difficult and dense score; one that could easily have produced a muddied performance if it were not in the hands of skilled interpreters. © 2012 Choral Journal
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Review By C. Michael Porter,Choral Journal,November 2012
Cet enregistrement transmet avec justesse l’angoisse de Lancino ainsi que sa vision conflictuelle de la mort, grâce à une exécution éblouissante d’une part et de l’autre une transparence rendue par la technique d’enregistrement. Quoique l’écoute d’une œuvre de ce type puisse paraître ardue à un auditeur actuel, la direction de Inbal fournit l’énergie nécessaire, et, cela en découle, libère l’émotion qui est contenue dans l’œuvre de Lancino. À aucun moment celui qui écrit ces lignes n’a perçu de ralentissement dans le flot musical. Le résultat est un enregistrement qui entraîne l’auditeur vers un livret riche en moments dramatiques en offrant des passages musicaux justes et émouvants. J’ajoute que des éloges spéciales vont à Inbal et au chef de chœur Brauer pour leur capacité à faire ressortir avec clarté la transparence harmonique et mélodique de cette partition difficile et dense ; il eût été aisé de produire une exécution pâteuse, n’eût-elle pas été placée entre les mains d’interprètes aussi experts. © 2012 Choral Journal
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Review By Fernando Remiro,Ritmo,April 2012
Escribir un Requiem es un desafío al Rex tremendae maiestatis, un combate ciego con la música como única vela, que intenta retorcer con su temblor las marmóreas palabras de la liturgia. Thierry Lancino redobla el desafío haciendo girar el suyo sobre la Sibila de Ovidio (teste David cum Sybilla), que teniendo la inmortalidad busca la muerte, en el mayor acto de hybris imaginable. Y en el choque, en el eco del grito, la música dibuja la medida de lo humano, en una partitura de ricas resonancias (desde Messiaen a Saariaho, la percusión oriental y las cuerdas de sabor mediterráneo) que desvelan a un Dios matemático y cabalístico en el Mors stupebit, violento y tenebroso en el Dies Irae, y majestuoso y cegador en el escalofriante Sanctus. La intimidad del Ingemisco, sin embargo, insinúa la soledad sorda de toda plegaria humana. Fuera del texto tradicional, Pascal Quignard (Tous les matins du monde) aporta un libretto francés interesante aunque algo enfático y barroco, que Lancino asume con una escritura vocal delicada e inteligente. La grabación, directo de 2010 en la Sala Pleyel, cuenta con cuatro eficaces solistas (en especial una excelente Grant Murphy) y con los brillantes coro y orquesta de Radio France, dirigidos por un entusiasta Inbal, casi quinto personaje vocal de este desafiante Requiem. © 2012 Ritmo
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Review By Fernando Remiro,Ritmo,April 2012
Writing a Requien is a challenge “à la” Rex Tremendae Maiestatis. It is a blind battle which attempts to twist words of marble (the liturgy) with one’s own quake, holding music as the only candle. Thierry Lancino takes on this challenge, making his Requiem revolve around Ovid’s Sibila (teste David cum Sybilla) who, having immortality, seeks death in the greatest act of imaginable hubris. And in the crash, in the echo of a scream, the music sketches the measure of that which is human. It is a score rich in resonance (from Messiaen to Saariaho, oriental percussion and strings of Mediterranean flavor) which reveals a mathematical and cabalistic God in the “Mors Stupebit”, violent and sinister in the “Dies Irae”, and majestic and dazzling in the chilling “Sanctus”. The intimacy of the “Ingemisco”, however, insinuates the muted solitude of all human prayer. Beyond the traditional text, Pascal Quignard (“Tous les matins du monde”) provides an interesting French libretto, although somewhat emphatic and baroque, which Lancino takes on with delicate and intelligent vocal writing. The recording, straight from the 2010 performance at the Pleyel Hall, boasts four very efficient soloists (especially an excellent Grant Murphy) and the brilliant chorus and orchestra of Radio France, under the baton of an enthusiastic Inbal.
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Review By Fernando Remiro,Ritmo,April 2012
Ecrire un Requiem est un défi « à la » Rex Tremendae Maiestatis. C’est une combat aveugle qui tente de tordre des mots de marbre (la liturgie) avec son propre tremblement, en tenant la musique comme unique chandelle. Thierry Lancino relève ce défi, en centrant son Requiem sur la Sibylle d’Ovide (teste David cum Sybilla), qui, après avoir obtenu l’immortalité, cherche la mort, dans un des plus grands actes de désespoir imaginable. Et, dans cette explosion, tel l’écho d’un cri, la musique en donne une dimension humaine. C’est une partition riche en résonance (de Messiaen à Saariaho, percussions orientales et cordes aux parfums méditerranéens) qui révèle un Dieu mathématique et cabalistique dans le « Mors Stupebit », violent et sinistre dans le « Dies Irae », majestueux et aveuglant dans un « Sanctus » qui donne le frisson. L’intimité dans laquelle nous place le « Ingemisco », cependant, amène à penser que toute prière maintient l’homme dans une solitude muette. Au-delà du texte traditionnel, Pascal Quignard (« Tous les matins du monde ») fournit un livret Français intéressant, quoique parfois emphatique et baroque, que Lancino traite avec délicatesse et intelligence dans son écriture vocale. L’enregistrement, réalisé directement lors de l’exécution en 2010 à la salle Pleyel, affiche avec fierté quatre solistes d’une grande efficacité (particulièrement l’excellente Grant Murphy) ainsi qu’un chœur et un orchestre brillants , sous la direction enthousiaste de Inbal.
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Review By Russell Platt,The New Yorker,March 2012
recorded with commitment by Eliahu Inbal and the Chorus and Philharmonic Orchestra of Radio France (Naxos); it’s a deeply institutional piece, a kind of compositional grand projet that shows off the new musical eclecticism of the French establishment. © 2012 The New Yorker
Review By Lawrence Schenbeck,PS Tracks,March 2012
Viscerally exciting, and extremely well-crafted. The “Sanctus” demonstrates Lancino’s masterful use of textures and sonorities, à la Penderecki.
Conductor Eliahu Inbal’s soloists, especially mezzo Nora Gubisch (the Sibyl), sing passionately and well; orchestra and chorus deliver the goods also. And the multichannel mix is quite good, really helping unclot the big sounds in this big piece. © 2012 PS Tracks Read complete review
Review By Philip Greenfield,American Record Guide,March 2012
Lancino’s idiom is dark, bleak, and unremittingly intense. Moments of repose are few—and tinged with sadness when they do occur. Lancino shows a deft touch for orchestration when he wants his instruments to do something special.
Lancino is a master at terracing his dramatic effects. Just listen to the hair-raising entrance by the soprano section at ‘Kyrie eleison’. It proceeds out of the Sibyl’s cries for death, and the combined voices wind up sounding like the shrieking of harpies out for blood. The effect is electrifying. The ‘Dies Irae’ explodes in cataclysmic crescendos redolent of Verdi and Berlioz, with jagged syncopations adding even more terror to the shocking predictions of the liturgy.
This singing, playing, and engineering are extraordinary in all respects…it wouldn’t surprise me if visual elements could turn this into an even more devastating experience than it already is. © 2012 American Record Guide Read complete review on American Record Guide
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Review By Philip Greenfield,American Record Guide,March 2012
Le langage de Thierry Lancino est sombre, austère et implacablement intense. Les moments de repos sont peu nombreux—et, lorsqu’ils arrivent, sont teintés de tristesse. Lancino démontre un savoir-faire habile dans l’orchestration lorsqu’il veut donner un rôle particulier à ses instruments.
C’est en maître que Lancino organise ses effets en terrasses. Écoutez simplement l’entrée du pupitre des sopranos dans le “Kyrie eleison” : c’est à vous faire proprement dresser les cheveux sur la tête ! Ces voix naissent des cris de la Sibylle qui implore la mort, et s’accumulent tels des hurlements de harpies assoiffées de sang. L’effet est galvanisant. Les crescendos successifs du “Dies Irae” donnent naissance à des suites d’explosions cataclysmiques, évoquant Verdi et Berlioz, avec des syncopes irrégulières qui ajoutent encore davantage de terreur aux atroces prédictions de la liturgie.
Les voix et l’orchestre, ainsi que la qualité technique de l’enregistrement, sont de tout point de vue extraordinaires… Je ne serais pas surpris si l’adjonction d’éléments visuels ne rendait pas cette œuvre encore plus dévastatrice qu’elle ne l’est déjà. © 2012 American Record Guide
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Review By Michaël Sebaoun,Classica,March 2012
Le Requiem du compositeur français Thierry Lancino est une commande de Radio France, de la Fondation Koussevitzky pour la Musique et du ministère français de la Culture. Il fut créé à la salle Pleyel le 8 janvier 2010. Le compositeur découvre une présence païenne au sein du texte liturgique de la messe des morts : “Jour de colère … comme l’ont prédit David et la Sibylle”. Lancino souhaite alors instaurer un dialogue entre la Sibylle païenne et le David biblique, et demande à l’écrivain Pascal Quignard d’écrire un livret (Éditions Galilée) en français, qui sera mêlé avec des oracles grecs et les versets liturgiques. L’œuvre de Lancino repose sur ce paradoxe : “Alors que David implore la vie éternelle, la Sibylle réclame le néant” (Ben Finane). Et Quignard ajoute : “Face au souhait de vie éternelle, le désir de mourir […]. Laisser face à face ces deux désirs. Ces deux douleurs […] Ce Requiem ne choisit pas : continuer immortellement, finir à jamais, latin, grec, David, Sibylle”. Et c’est ce qui singularise si profondément ce Requiem à l’égard de tous les autres, confie encore l’écrivain. Le Requiem de Thierry Lancino, cela a été très remarqué dès sa création, balaie un “vaste champ esthétique”, sans être pour autant une œuvre poly stylistique.
Dissonances extrêmes, métalliques, ligetiennes, qui basculent vers une grande souplesse mélodique (Prologue), cris d’angoisse et cordes stridentes (Kyrie), échos de Verdi (Dies Irae), dépouillement extrême, ambitus étouffé (soprano d’Ingemisco), émotion poignante (LacrimosaI). Une tension obsessionnelle, sombre,assure l’unité de l’œuvre, effective dans l’orchestre monumental ou dans le registre de l’intime. Ce très beau Requiem, l’Orchestre philharmonique de Radio France, dirigé par Eliahu Inbal, en fait, selon les vœux du compositeur, “une fresque épique”.
À posséder.
[Très bonne prise de son de concert] © 2012 Classica
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Review By Michaël Sebaoun,Classica,March 2012
The Requiem by French composer Thierry Lancino has been commissionned by Radio France, Koussevitzky Music Foundations and French Ministry of Culture. The premiere occurred at Salle Pleyel in Paris, on January 8th 2010. The composer noticed a pagan presence within the liturgical text of the Mass for the Dead” : “Day of wrath … such as forseen by David and the Sibyl.” Lancino then wished to establish a dialogue between the pagan Sibyl and the biblical David, and asked writer Pascal Quignard to write the libretto (Galilée, publisher) in French, which would interweave Greek oracles and the liturgical verses. The work stands on the following paradox: “While David is pleading for eternal life, the Sibyl seeks annihilation” (Ben Finane). And Quignard adds : “Facing the desire of eternal life is the desire of death […]. Face to face are the two desires. The two pains […] The Requiem does not choose : to continue immortally, to end forever, Latin, Greek, David, Sibyl.” This is what distinguishes so profoundly this Requiem from the others, confides the writer. Lancino’s Requiem – and as was commented upon as soon as the premiere – “scans a vast esthetical field without ever sounding hybrid”.
Extreme dissonances, metallic, Ligeti like, which switch towards great melodic flexibility (Prologue), cries of anguish and strident strings (Kyrie), echos from Verdi (Dies Irae), extreme sparseness, narrow vocal range (soprano in the Ingemisco), poignant emotion (Lacrimosa). An obsessive tension, dark, ensures the unity of the work, quite at stake in the monumental orchestra, as well as in the intimate range. This beautiful Requiem, the Orchestre Philharmonique de Radio France, conducted by Eliahu Inbal, metamorphoses it, indeed, according to the will of the composer, into “an epic fresco”.
[Very good concert sound engineering] © 2012 Classica
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Review By Lawrence Schenbeck,PS Tracks,March 2012
Viscéralement excitante, et extrêmement bien faite. Le « Sanctus » prouve la maîtrise de Lancino dans l’utilisation des textures et des sonorités à la Penderecki.
L’exécution semble pratiquement idéale : le chef d’orchestre Eliahu Inbal et les solistes, particulièrement Nora Gubisch (la Sibylle), chantent fort bien et avec passion ; l’orchestre et le chœur ne sont pas moins bons. Et le mixage multi canal est très bien fait et facilite vraiment la perception du détail des larges sons de cette large œuvre. © 2012 PS Tracks Read complete review (English)
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Review By Remy Franck,Pizzicato,February 2012
Le Requiem de Thierry Lancino (né en 1954), dont le compositeur dit qu’il s’agit à la fois d’une "fresque épique" et d’une "cérémonie sacrée", a également été décrit comme "contemplation éloquente de l’humanité, entre paganisme et christianisme, explorant les thèmes de la mort et du temps".
Naxos publie l’enregistrement de la création à Pleyel en janvier 2010. Le superbe enregistrement de Radio France profite bien du son surround et de la haute définition sonore.
Dans un langage moderne, souvent dissonant, souvent strident, souvent spectaculaire aussi, Lancino renoue plutôt avec le caractère des Requiems de Berlioz et de Verdi qu’avec celui, plus réconfortant, des oeuvres de Fauré ou Duruflé.. Et si on en est aux comparaisons, je dirai que Lancino me rappelle en premier lieu Benjamin Britten et son ‘War Requiem’, sans pour autant atteindre tout à fait la profondeur et la qualité musicale de cette composition, mais on est vraiment pas très loin…
Ce qui impressionne, c’est la gestion des forces présentes par le compositeur, quatuor vocal, choeurs et très grand orchestre, sur une durée de plus de 70 minutes, sans aucune chute de tension, que ce soit dans les passages de masse, dans les moments les plus retenus ou dans l’entre-lesdeux avec des combinaisons multiples qui comprennent même le ‘a capella’ pour le choeur.
Les solistes, les choeurs et l’orchestre sont excellents et livrent une interprétation poignante sous la direction inspirée de Maestro Inbal.
A mon avis, ce Requiem, qui m’a profondément ému, a une réelle chance de survie: c’est une grande oeuvre musicale s’inscrivant avec force et caractère dans la lignée des grands Requiems. © 2012 Pizzicato
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Review By Mark Pullinger,International Record Review,February 2012
Deviations from the liturgical Requiem Mass are not exactly new. Brahms assembled his own collection of biblical texts, setting them in German rather than in Latin, for his German Requiem. Nearly a century later, commissioned for the re-consecration of Coventry Cathedral, Britten’s War Requiem juxtaposed the traditional Latin texts with the war poetry of Wilfred Owen. Now, French-American composer, Thierry Lancino offers a version of the Requiem which intersperses the usual text with what is effectively a dialogue between the biblical David and the Cumean Sibyl, taking inspiration from the opening of the Dies Irae: “The day of wrath, that day will dissolve the world in ashes, as foretold by David and the Sibyl!” Pascal Quignard penned a libretto in which their contrasting pleas are heard: David longing for judgment and eternal life while the prophetess Sibyl, now some 700 years old, seeks annihilation.
The libretto includes narrative passages for David and the Sibyl in French and ancient Greek, while the chorus sings in the traditional Latin as well as the Greek when commenting (appropriately enough) on events. Two singers represent David; a tenor as David awaiting eternal life, while a bass is David, the Warrior. In addition, a solo soprano role is assigned to represent Everyman.
From the 13 hammer blows, the slippery double basses and the wind chords which summon the Sibyl, Lancino’s music has an arresting quality. His choral writing for the traditional Latin text achieves a contemplative nature, particularly when unaccompanied, but he is at his most challenging and interesting in the solo passages for the Sibyl, a dramatic, often hysterical portrayal vividly realized by French mezzo-soprano Nora Gubisch, although the part lies so low it might be better taken by a contralto. Dissonant passages in her declamatory introductory and later “Song of the Sibyl” reminded me of parts of Birtwistle’s opera The Minotaur, such are its theatrical and mythic qualities. Having refused Apollo’s advances after the god had granted her life for as many years as the grains of sand she held in her hand in return for her virginity, the Sibyl was punished on a technicality, Apollo allowing her body to wither away as she had failed to ask for eternal youth. Eventually, just her voice remained, heard in Lancino’s score.
Stuart Skelton is the heroic-sounding tenor soloist representing David; the leading Peter Grimes of our day, he has no difficulty with the taxing tessitura Lancino demands but can be overwhelmed by the dense orchestration. Nicolas Courjal is the slightly tremulous bass. Moments of rest are few, as the music energetically propels the listener on. The exceptions arrive in the form of Everyman, appealing to be saved in the Ingemisco. Heidi Grant Murphy, sounding uncannily like Dawn Upshaw, with a slightly breathy soprano, beautifully sustains the long lines Lancino writes for her. What a pity that conductor E
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Review By Mark Pulliger,International Record Review,February 2012
S’écarter de la liturgie de la Messe de Requiem n’est pas chose nouvelle. Brahms regroupa sa propre collection de textes bibliques et les mit en musique en Allemand plutôt qu’en Latin dans son Requiem Allemand. Près d’un siècle plus tard, commandé pour la re-consécration de la Cathédrale de Coventry, le War Requiem de Britten fait se juxtaposer les textes traditionnels latins et la poésie inspirée de la guerre, de Wilfred Owen. À son tour le compositeur franco-américain, Thierry Lancino, propose sa version du Requiem en mêlant le texte traditionnel avec ce qui est - de fait - un dialogue entre le David biblique et la Sibyl de Cumes. Il prend son inspiration dans le début du Dies Irae : "Jour de colère, ce jour-là qui transformera le monde en cendres, ainsi que l’ont annoncé David et la Sibylle ! " Pascal Quignard a écrit le livret dans lequel deux discours opposés s’affrontent : celui de David qui attend le jugement dernier et la vie éternelle, et celui de la Sibylle, vieille de 700 ans, qui réclame le néant.
Le livret comprend des passages narratifs confiés à David et à la Sibylle en Français et en Grec ancien, tandis que les chœurs chantent en Latin traditionnel, ainsi qu’en Grec lorsqu’ils commentent les évènements (et c’est assez bien venu). Deux chanteurs représentent David ; un ténor, celui qui attend la vie éternelle, et une basse, David le guerrier. En addition, une soprano solo représente "tout un chacun".
Dès le martellement de 13 coups initiaux, les glissés des contrebasses et les accords des vents qui convoquent la Sibylle, la musique de Lancino est d’une qualité saisissante. Son écriture pour chœur, par sa mise en musique du texte Latin traditionnel, réussit à atteindre une nature contemplative, tout particulièrement lorsqu’elle est sans accompagnement. Mais il est à son meilleur de lui-même – le plus provocateur et le plus intéressant - dans les passage solo de la Sibylle, une incarnation dramatique, souvent hystérique, réalisée de manière vivide par la mezzo-soprano Française Nora Gubisch, quoique parfois la tessiture soit si grave que le rôle aurait pu être tenu par une contralto. Dans sa déclamation introductive, puis plus loin dans "Le Chant de la Sibylle", les dissonances m’ont fait penser à des passages du Minotaure, l’opéra de Birtwistle, par ses qualités théâtrales et sa dimension mythique. Ayant refusé les avances d'Apollon après que le dieu lui ait donné une vie d’autant d’années que de grains de
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Review By Remy Franck,Pizzicato,February 2012
The Requiem by Lancino (born in 1954), which the composer characterizes as “an epic fresco” and “a sacred ceremony”, has also been described as “an eloquent contemplation on human mortality, between paganism and Christianity, exploring themes of death and time.”
Naxos publishes the recording of the world premiere which took place at the Salle Pleyel in January of 2010. The superb engineering of the Radio France recording takes great advantage of the surround sound and the high definition audio.
Using a modern language, often dissonant, strident, and often spectacular, Lancino takes up the character of Berlioz and Verdi Requiems, rather than the more comforting works of Fauré or Duruflé. And since I am into comparisons, at this point, I will say that Lancino reminds me of Benjamin Britten’s “War Requiem”, not quite reaching the depth and the musical quality of this composition, but really not being far at all.
What impresses is the management of the available forces by the composer: vocal quartet, chorus and very large orchestra, throughout its over 70 minute duration, with a tension that never lessens, whether when large masses are at stake, whether during intimate moments, or between the two, with multiple combinations that even include “a cappella” choir.
The soloists, the chorus and the orchestra are excellent and deliver a poignant interpretation, under the inspired musical direction of Maestro Inbal.
It is my opinion that this Requiem, which profoundly moved me, has a real chance to remain: it is a great musical work which imposes itself with strength in the linage of the great Requiems. © 2012 Pizzicato
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Review By Record Geijutsu,February 2012

8.572771_The Record Geijutsu_022012_JP.pdf
Review By Steven Ritter,Audiophile Audition,January 2012
it has moments of great power and beauty, featuring ethereal and delicate moments to overpowering full choral passages of tremendous force. Lancino, who spent much of his life working in electronic music, displays a real talent for dramatic communication and even some lovely, albeit intense, melodic passages.
I think that even those allergic to modern music will find much to enjoy here, as the composer’s style is not irrevocably wedded to dissonance for dissonance’s sake, but only in the service of the dramatic element, with many more familiar tonal characteristics wedded as well. Definitely worth a hearing. © 2012 Audiophile Audition Read the complete review of the Blu-Ray Audio release.
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Review By Steven Ritter,Audiophile Audition,January 2012
Une œuvre puissante de grande substance — qui n’est pas votre requiem traditionnel.
L’œuvre comporte des passages de grande puissance et de grande beauté : des moments aériens et délicats, et des moments allant jusqu’à une surpuissance du chœur dans son entier, développant une force irrépressible. Lancino, qui a passé beaucoup de sa vie à travailler dans le domaine de la musique électronique, déploie un talent véritable pour ce qui est de la communication dramatique, ainsi que de très beaux, et même intenses, passages mélodiques.
Je pense que même ceux qui sont allergiques à la musique moderne y trouveront beaucoup de plaisir, car le style du compositeur n’est pas irrévocablement marié à la dissonance pour la dissonance, mais plutôt met celle-ci au seul service de la progression dramatique, tout en y mêlant bien d’autres éléments aux caractéristiques tonales plus familières. L’œuvre mérite incontestablement d’être écoutée. © 2012 Audiophile Audition Read the complete review of the Blu-Ray Audio release.
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Review By SteveHoltje,Culture Catch,January 2012
Culture Catch Best of 2011: #4
Thierry Lancino (1954–) gives us the wildest Requiem in decades, a multi-culti affair that’s certainly not suitable for church use but makes for a most bracing musical experience. © 2012 Culture Catch See complete list
Review By SteveHoltje,Culture Catch,January 2012
“Best of 2011”: classé 4ème
Thierry Lancino (1954–) nous offre là le Requiem le plus délirant que nous ayons eu depuis des dizaines d’années: cette affaire multiculturelle, ne convient sans doute pas à une utilisation d’église, mais elle nous donne une expérience musicale des plus toniques. © 2012 Culture Catch See complete list
Review By Infodad.com,December 2011
Lancino’s Requiem is a powerful work and a difficult one on several levels—not especially easy to listen to or to think about. It is a piece that challenges rather than reassures the audience, and in so doing shows the power of modern choral composition within a more-or-less traditional form. © 2011 Infodad.com Read complete review
Review By Infodad.com,December 2011
Le Requiem de Lancino est une œuvre puissante. Elle est aussi difficile, et cela à plusieurs niveaux : elle n’est pas particulièrement facile à écouter, et c’est une œuvre à laquelle il n’est pas facile de penser. Elle pose un défi à son auditoire plutôt qu’elle ne le rassure. Et en faisant cela, elle montre la puissance de la composition moderne pour chœur, tout en se coulant dans une forme plus ou moins traditionnelle. © 2011 Infodad.com Read complete review in English
Review By Grego Applegate Edwards,Gapplegate Classical-Modern Music Review,December 2011
I was pleasantly rewarded lately by listening a number of times to…Requiem (Naxos) as performed by the massed forces of Choer de Radio France, Orchestre Philharmonic de Radio France, soloists and conductor Eliahu Inbal.
It’s a 70-plus minute journey into an expressively modern treatment of the requiem form. The soloists express themselves with musicality and passion, the choir and orchestra are artfully served with a score that bubbles over like a cauldron of molten fire at times, and other times indulges in pianissimo murmurs that fit the sorrowful expression of the text by the solo vocalists. The orchestra reinforces and underscores the choir and soloists, as is fitting in such a work.
The performance is spirited and excellent. Lancino’s music has undoubtedly some considerable merit. I would most definitely like to hear more of it. It is undoubtedly a work and a performance that merit the attention of modern music lovers. © 2011 Gapplegate Classical-Modern Music Review Read complete review
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Review By Grego Applegate Edwards,Gapplegate Classical-Modern Music Review,December 2011
N’ayant pas été familiarisé avec les œuvres de Thierry Lancino auparavant, j’ai été récemment agréablement récompensé en écoutant—nombre de fois—son spectaculaire Requiem (Naxos) tel qu’il est interprété par les forces massives du Chœur de Radio France, par l’Orchestre Philharmonique de Radio France, les solistes et le chef d’orchestre Eliahu Inbal.
C’est un voyage de plus de 70 minutes à travers une conception expressive et moderne de la forme requiem. Les solistes s’expriment avec musicalité et passion, le chœur et l’orchestre sont servis avec un art consommé par une partition qui, parfois, bouillonne comme un chaudron de matière en fusion, parfois, se plait à des murmures pianissimos qui conviennent tout à fait à l’affliction contenue par le texte et exprimée par les chanteurs solistes. L’orchestre renforce et souligne le chœur et les solistes, comme il sied tout à fait à un tel ouvrage. Une sorte de ténébreuse mélancolie semble être à l’œuvre, sans relâche dans certains passages, et c’est peut-être précisément ce que Thierry Lancino souhaitait, c’est en effet le caractère qui convient à un Requiem. Les chanteurs et le chœur ressortent d’un orchestre souvent épais, ce qui créée une ambiance puissamment unifiée, caractérise l’œuvre et lui donne une place à part. Et je ne dis pas cela d’une manière négative. Tout cela en fait une œuvre différente des œuvres qu’on rencontre ces jours-ci. Cela lui donne une qualité unique.
Comme un tout, la pièce possède le large champ d’un romantisme tardif, allié à une modernité de haute volée—sonorité et dynamique qui font penser à Berg, et à l’occasion, une insistance dans le chant qui rappelle Orff.
L’exécution est emportée et excellente. La musique de Lancino a sans aucun doute une valeur considérable. J’aimerais absolument en écouter davantage. Que je ne réponde pas davantage par une attention encore plus passionnée est dû à mon humeur actuelle. J’apprécie l’œuvre au niveau cérébral sans qu’elle chavire mes émotions. Certaines œuvres nécessitent beaucoup d’écoutes pour en arriver là et je protège mon émotion pour le moment. Il n’y a pas de doute que c’est une œuvre qui mérite l’attention des amoureux de la musique moderne. À un prix Naxos, c’est un encouragement supplémentaire à vous laisser envelopper par son spectaculair
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Review By Laurent Bury,Forum Opera (France),December 2011
Ab auditione mala non timebit par Laurent Bury
Non, pas plus que le Juste du Graduel, Thierry Lancino n’a à craindre une mauvaise réputation : avec ce Requiem il semble bien établi au firmament des meilleurs compositeurs français d’aujourd’hui. Le disque que vient de publier Naxos comble les vœux de ceux qui, ayant assisté à la création de l’œuvre, souhaitaient la voir immortaliser par un enregistrement.
Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favílla,Teste David cum Sibýlla ! Des trois premiers vers du « Dies irae » est né chez Lancino le désir de faire dialoguer le texte de la liturgie catholique avec des sources empruntées à l’Ancien Testament (David), et même au paganisme (la Sibylle de Cumes). Il s’est donc tourné vers le plus médiatique des spécialistes français de l’antiquité classique, Pascal Quignard, pour concevoir un ambitieux montage de textes qui intègre le poème latin bien connu, souvent réduit aux premiers vers de chaque partie. Naît ainsi un nouveau rituel complexe, admirablement servi par la partition. A travers les cliquetis et tintements de percussions variées, au milieu des âpres morsures des cuivres, en faisant alterner paroxysmes et moments d’apaisement, Thierry Lancino crée ici une œuvre magistrale, où le chœur et les solistes se voient confier des morceaux d’une grande force dramatique, qui laissent imaginer quel compositeur d’opéra il pourrait être (son site personnel annonce parmi ses projets une courte œuvre lyrique d’après la nouvelle « L’immortel » de Borgès).
Remarquée dans plusieurs créations contemporaines à l’Opéra Bastille (Salammbô de Philippe Fénelon, Perelà de Dusapin), Nora Gubisch a le privilège d’interpréter les deux superbes monologues de la Sibylle : tout au long de l’œuvre, avec une véhémence impressionnante mais d’une voix constamment maîtrisée, elle appelle le trépas de ses vœux, tantôt en français, tantôt en grec. Au désir de mort de la Sibylle répond l’aspiration de David à la vie éternelle. Le roi d’Israëlest partagé entre deux interprètes : le simple mortel angoissé est chanté par un ténor, le guerrier plein d’assurance par une basse. Nicolas Courjal, jadis un des membres de la troupe formée à l’Opéra-Comique par Pierre Médecin, est aujourd’hui l’une des jeunes basses françaises qui montent ; ses brèves interventions en solo sont ici toujours frappantes. La diction française de Stuart Skelton laisse parfois à
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Review By Laurent Bury,Forum Opera (France),December 2011
No! Not any differently than the “Just of the Gradual,” Thierry Lancino has not to fear bad reputation: with this Requiem, he seems to be well established in the heavens of today’s best French composers. The CD Naxos just released will fulfill those who, having witnessed the premiere of the work, wished it immortalized by a recording.
Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favílla,Teste David cum Sibýlla! The desire of a dialog between the traditional text of the catholic liturgy and sources taken from the Old Testament (David) and even the pagan world (the Sibyl of Cumes) was born from the three first verses of the “Dies irae.” He therefor asked the French specialist in antiquity who gets a great deal of media attention, Pascal Quignard, to conceive an ambitious set of texts which includes the well-known Latin poem, often reduced to its first verse of each part. This way, a new and complex ritual is born, admirably served by the musical score. Through various clanking and tinkling, in the midst of fierce bites from the brass, alternating climax and appeasing moments, Thierry Lancino produces here a masterly work in which moments of great dramatic forces are given to the choir and to the soloists. These moments let us imagine what an opera composer he would be (his personal site announces among his projects a short lyric work after Borges short story, “The Immortal”).
Noticed in several premieres of new music at the Bastille Opera (Salambô by Philippe Fénelon, Perelà by Dusapin), Nora Gubisch has the privilege to perform the two superb monologs of the Sibyl: all along the work, with an impressive vehemence, but with a voice constantly mastered, she calls for death with all her will, sometimes in French, sometimes in Greek. To this desire of annihilation, David answers by his desire of eternal life. The king of Israel is split into two performers: the simple mortal, anguished, is sung by a tenor; the warrior, self-confidant, by a bass. Nicolas Courjal, in the past, a member of the troupe assembled at the Opéra Comique by Pierre Médecin, is today one of the rising French basses. His short solos are here always striking. The diction of Stuart Skelton is not perfect, but the bravery of his voice is never caught off guard in this role which requires a strong tenor (his repertoire includes heaviest Wagner and Strauss roles). In contrast to the other soloists the soprano is not identified as a specific character, she is simply the “human figure”. Heidi Grant Murphy succeeds—better in new music where she feels sheltered than in a more traditional repertoire—to soften the aging of her voice, even though her vibrato tends to hoot in high pitches forte. She delivers a poignant and sober “Ingemisco”, first a capella, then sustained by the celli. A few passages are given to the choir alone: the Kyrie, the Offertorium, the Agnus Dei: it is the opportunity for Radio France Choir to show the strength
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Review By BF,Listen: Life with Classical Music,December 2011
“Thierry Lancino’s audacious work keeps in the tradition of the Requiem but is by no mean traditional, reconceiving the form as a sacred oratorio, or in the words of the composer, “an epic fresco.” Inspired by the liturgical text “Dies irae…teste David cum Sibylla” (“Day of wrath…as announced by David and the Sibyl”), Lancino’s Requiem unfolds as a dialogue between the pagan Sibyl—from the Greek “Sibylla,” meaning “prophetess”—and the biblical David. With the choir functioning as a Greek chorus of sorts, the four soloists are the oratorio’s principal actors. David is sung by the tenor and the Sibyl by the mezzo-soprano. The soprano (Heidi Grant Murphy) is the mortal, suffering Everyman, and the bass represents the warrior side of David. Challenging but approachable, the musical landscape is wide and far-reaching, yet the work’s lexicon steers clear of any dogmatic or academic approach. In collaboration with librettist Pascal Quignard (Tous les matins du monde), Lancino’s Requiem makes for a thoughtful meditation on Death and Time.” © 2011 Listen: Life with Classical Music
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Review By L’éducation musicale,December 2011
Another Requiem ? No! Rather a transfiguration—at a metaphysical and symbolic depth—which would find its place in the category of oratorios. Indeed, the unfolding of the work, conceived by Thierry Lancino and conveyed in the libretto by Pascal Quignard, interpolates the Latin liturgy with the incantations of the Sibyl (in ancient Greek and French) as well as lines of The David shared by two singers, in order to reflect the contrasting two sides of his psychology. This idea is indeed original and takes its source from a verse of the Dies Irae which until now was never given any attention. These pagan relics, along with whiffs of human condition, take life in the margin of the Catholic canon which had concealed them in its folds. Rather than margin, I should actually speak of counterpoint and opposite movement, allegorically: the Christian aspiration for eternal life clashes with the “I want to die” calls of the Sibyl, punished to perpetual aging by Apollo.
After he spent years dedicated to electroacoustic and Ircam, the composer has found his own balance in a style of writing which deliberately claims melodic beauty and dramatic expressiveness in a language which does not betray in the least bit modernity. On the contrary, it opens it to human and spiritual resonance, and vectors of deep emotions. His challenge was to re-create timelessness within the theme of eternity using present musical means; his way of evoking antiquity by using stylization and sonorities of our time reminds of Stravinsky’s approach in Oedipus Rex (but—let me get that straight—with a totally different personal language). The use of the percussion and exotic instruments adds to this spiritual journey. Emotion uses multiple paths: the exposure of a pure vocal line (the soprano solo of the Ingemisco) or the poignant harmonic chords in the innermost depths of the chorus (Lacrimosa) ; at an other place the sculpting of malleable orchestral timbers and clusters from which voices arise (Sanctus) ; lastly the resolution of all previous conflicts through a subtle infiltration of a “classic” counterpoint in the Dona eis requiem.
The premiere of this work, at the Salle Pleyel, was recorded by Radio France on January 7 and 8 of 2010. The release of the recording uses the material from the concerts. Let us congratulate the performers for having so brilliantly mastered “live” from such a complex and immense work (72 minutes of music). The vocal casting is better on the female side: the role of the Sibyl falls to Nora Gubisch whose flamboyant temper on stage and warm voice excel in exceptional characters (she embodied an unforgettable Pythonisse in Honegger’s Roi David at the Palais Garnier last March) ; a vibrating innocence radiates from Heidi Grant Murphy who embodies the suffering of a simple mortal. The singers of Radio France Chorus (prepared by Matthias Brauer and Sébastien Boin) demonstrate their total commitment to the drama as a real
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Review By Sylviane Falcinelli,L’éducation musicale,December 2011
Un Requiem de plus ? Non, plutôt une transfiguration métaphysico-symboliste qui trouverait sa juste place dans la catégorie des oratorios. En effet, le déroulement, conçu par Thierry Lancino et mis en forme littéraire par Pascal Quignard, interpole dans le plan liturgique du texte latin les incantations de la Sibylle de Cumes (en grec et en français) ainsi que les tirades d’un David divisé en deux chanteurs reflétant les versants contrastés de sa psychologie : idée originale tirant sa source d’un verset du Dies Irae que l’on survolait jusqu’à présent sans y prêter attention. Ces survivances païennes, ainsi que des émanations de l’humaine condition, prennent ici une vie propre, en marge du canon catholique qui les celait en ses replis. Plutôt que de marge, on devrait parler de contrepoint et de mouvement contraire, sous l’angle allégorique, l’aspiration à la vie éternelle chrétienne se voyant opposer les appels (« Je veux mourir ») de la Sibylle punie d’un vieillissement perpétuel par Apollon.
Le compositeur, après avoir consacré de nombreuses années de sa vie à l’électroacoustique et à l’Ircam, a trouvé son équilibre dans une écriture assumant les beautés mélodiques et l’expressivité dramatique au sein d’un langage qui ne renie rien de la modernité, mais l’ouvre à des résonances humaines et spirituelles vectrices de profondes émotions. Il s’est agi pour lui de recréer une intemporalité autour du thème de l’éternel par des moyens musicaux contemporains ; sa manière d’évoquer l’antique par une stylisation et des sonorités d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler la démarche d’un Stravinsky dans Oedipus Rex (avec un tout autre idiome individuel, comprenons-nous bien). L’emploi des percussions et d’instruments exotiques concourt à cette transposition spirituelle. L’émotion emprunte des chemins multiples : la mise à nu d’une pure cantilène (le solo de soprano amenant l’Ingemisco), ou de poignantes grappes harmoniques dans le tréfonds du chœur (Lacrimosa), ailleurs la malléabilité des nappes et sculptures de timbres orchestraux sur lesquelles se détachent les voix (Sanctus), enfin la résolution de tous les conflits antérieurs par la subtile infiltration d’un contrepoint de facture « classique » dans le Dona eis requiem.
La création de cette œuvre, Salle Pleyel, s’étant déroulée devant les micros de Radio France les 7 et 8 janvier 2010, l’édition discographique reprend le ma
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Review By BF,Listen: Life with Classical Music,December 2011
L’œuvre audacieuse de Thierry Lancino reste dans la tradition du Requiem, mais n’est en aucun cas traditionnelle. Elle reconçoit sa forme comme un oratorio sacré, ou dans les mots même du compositeur “d’une fresque épique”. Inspiré du texte liturgique “Dies irae…teste David cum Sibylla” (“Jour de colère…comme l’annoncent David et la Sibylle”) le Requiem de Lancino se déploie tel un dialogue entre la Sibylle païenne—du grec Sibylla signifiant “prophétesse”—et le David de la Bible. Avec le chœur fonctionnant tel une sorte de chœur grec, les quatre solistes sont les acteurs principaux de cet oratorio. David est chanté par un ténor et la Sibyl par une mezzo-soprano. La soprano (Heidi Grant Murphy) est la mortelle, l’humain souffrant, et la basse représente le côté guerrier de David. Ardu mais accessible, le paysage musical est large et d’une grande portée, alors que le langage de l’œuvre évite toute approche dogmatique ou académique. Ecrit en collaboration avec Pascal Quignard (Tous les matins du monde), le Requiem de Lancino constitue une méditation profonde sur la Mort et le Temps.
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Review By Steve Holtje,eMusic,November 2011
If you want a challenging mix of bracing dissonance, stark beauty and non-standard techniques, this Koussevitzky Music Foundation commission premiered in 2010 is perfect. Quignard sets up “desire for annihilation and desire of eternity” alongside each other; the clashing sounds and styles reflect the clashing philosophies of the Psalmist David (dually portrayed by tenor and bass soloists and the pagan Sibyl (mezzo-soprano), plus Everyman (soprano), while the choir acts as Greek chorus. This work reaches far beyond the parameters of a standard Requiem, becoming an epic, multi-cultural oratorio. © 2011 eMusic Read complete review
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Review By Steve Holtje,eMusic,November 2011
Si vous voulez un mélange provocateur de dissonances, de beauté austère et de techniques non-standard, cette œuvre—commandée par la Fondation Koussevitzky et créée en 2010—est parfaite pour vous. Quignard, dans son livret, met en œuvre, l’un à côté de l’autre, “désir de néant et désir d’éternité” ; l’affrontement des sons et des styles reflète l’affrontement des philosophies de l’auteur des Psaumes, David (dont le rôle est tenu par un ténor et par une basse) et par la païenne Sibylle (mezzo-soprano), avec l’ajout de la soprano, le “tout-un chacun”, alors que le chœur est quelque sorte de chœur antique grec. Cette œuvre vise et atteint bien au-delà des paramètres d’un Requiem standard, et devient un oratorio épique et pluriculturel. © 2011 eMusic Read complete review in English
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Review By Christian Morris,Composition:Today,November 2011
When Radio France, the Koussevitsky Foundation and the French Ministry of Culture commissioned Thierry Lancino to write a new work in this genre, they wanted him ‘to renew the tradition of the Requiem’. Like Britten’s clever use of Wilfred Owen’s poetry fifty years ago, Lancino brilliantly achieves this by taking as his starting point the opening of the long Dies Irae text: ‘Dies irae…teste David cum Sibilia’ (Day of wrath…as attested by David and the Sibyl’). This moment, he notes in interview, adds a pagan touch to the Christian poem; the Cumaean Sibyl was granted near eternal life by the god Apollo but, after she refused his love, he denied her eternal youth, her body withering away and shrinking until it was eventually kept in a jar. The Requiem therefore unfolds as ‘as a dialogue between the pagan Sibyl and the biblical David’. The Requiem text is preserved in its original order, but like the Britten, is interspersed with a secondary text, here in Latin, French and Greek—the languages to an extent representing the protagonists—by Pascal Quignard. The twist here is that the libretto explores the idea of David begging for eternal life, whilst the Sibyl begs for death as oblivion, a release from her torment.
The musical language of this splendid new work places it more in the blood and thunder tradition of Verdi and Berlioz… One of the most musically striking passages is the Sanctus. Traditionally a moment of luminescence, here heaven and earth do not feel filled with glory but with an ethereal writhing of restless souls. The effect is both marvellous and disconcerting. The flow and interaction between the different planes—the more impersonal writing for chorus (who largely stick with the Requiem text) against the drama amongst the soloists—is expertly controlled throughout by the composer. More than anything, however, the work is about the relationship of the Sibyl to death, most movingly in the Lacrymosa, where her pitiful longing for oblivion appears alongside the lines ‘Dona eis requiem’, (‘Grant them rest’).
Chœr de Radio France, Orchestre Philharmonique de Radio France and soloists Heidi Grant Murphy, Nora Gubisch, Stuart Skelton and Nicolas Courjal give white-hot, emotionally charged performances in this recording from Naxos. In particular I would single out mezzo-soprano Nora Gubisch; her portrayal of the desperate plight of the Sibyl is incredibly moving. © 2011 Composition:Today Read complete review
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Review By Christian Morris,Composition:Today,November 2011
[…] Quand Radio France, la Fondation Koussevitzky et le Ministère Français de la Culture ont passé commande à Thierry Lancino pour qu’il compose une nouvelle œuvre dans ce genre, ils souhaitaient qu’il "renouvèle la tradition des Requiem". C’est brillamment que Lancino achève cette tâche en prenant comme point de départ les versets qui commencent le long texte du Dies irae : ‘Dies irae…teste David cum Sybila’ (‘Jour de colère, … comme en témoignent David et la Sibylle’). […]
Le langage musical de cette nouvelle œuvre splendide la situe davantage dans la tradition de sang et de tonnerre d’un Verdi et d’un Berlioz, que dans la tradition de visions plus positives des compatriotes de Lancino, Durufflé et Fauré. Le langage est dissonant et stimulant et, du tocsin du début à la quinte vide de la fin, il nous est offert peu de consolation musicale. Un des passages les plus frappants musicalement est le Sanctus. Traditionnellement c’est un moment de luminescence. Ici les cieux et la terre ne semblent pas remplis de gloire, mais plutôt du frémissement éthéré d’âmes sans repos. L’effet est à la fois merveilleux et déconcertant. Le flux et l’interaction entre les différents plans – l’écriture la plus impersonnelle pour chœur de toute l’œuvre (qui reste dans l’ensemble proche du texte du Requiem) qui va à l’encontre du drame chanté par les solistes – sont contrôlés de main d’expert tout du long par le compositeur. Plus que tout, cependant, le sujet de l’œuvre est la relation de la Sibylle à la mort, de manière la plus émouvante dans le Lacrymosa, où son pitoyable désir d’oubli apparaît au cours de ces lignes : ‘Dona eis requiem’, (‘Donne-leur le repos’).
Le Chœur de Radio France, l’Orchestre Philharmonique de Radio France and les solistes Heidi Grant Murphy, Nora Gubisch, Stuart Skelton and Nicolas Courjal nous offrent une interprétation incandescente et émotionnellement chargée dans cet enregistrement proposé par Naxos. Je voudrais particulièrement souligner la performance de la mezzo-soprano Nora Gubisch ; le portrait qu’elle dépeint de l’épreuve désespérée de la Sibylle est incroyablement émouvant. […]
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Review By Michel Jakubowicz,ON Magazine (France),November 2011
Peu de compositeurs d’aujourd’hui osent affronter cette forme suprême de la musique sacrée que représente le Requiem. Pourtant c’est sans complexe que Thierry Lancino aborde un genre où Gilles, Mozart, Berlioz, Brahms, Verdi et bien d’autres compositeurs illustres l’ont précédé.
Ambitieux dans son propos, le Requiem de Thierry Lancino, basé sur un livret dû à Pascal Quignard, ne propose rien moins que d’arpenter les immenses territoires méconnus de la mort et du temps. Débutant par ce qui s’apparente très nettement à un tocsin funèbre (Prologue), l’œuvre qui inclut dans sa trame deux personnages assez extraordinaires : d’une part la Sybille, d’autre part David le guerrier, va nous mener au terrible Dies irae et se refermer sur le Dona eis requiem.
Ce Requiem de Thierry Lancino donné en janvier 2011, salle Pleyel sous la direction à la fois précise et exigeante d’Eliahu Inbal, dirigeant le chœur et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, révèle un compositeur capable de régénérer une forme sacrée que l’on croyait définitivement obsolète, vouée à la disparition pure et simple. Une œuvre aussi complexe, aussi forte ne pouvait exister réellement qu’avec la participation de solistes vocaux d’exception. Ce défi colossal était relevé avec brio par la distribution qui officiait ce soir-là salle Pleyel… Elle comprenait du côté féminin Nora Gubisch, mezzo-soprano, Heidi Grant Murphy, soprano, alors que les voix masculines comprenaient Stuart Skelton, ténor et Nicolas Courjal, Basse.
Un autre élément décisif intervenait dans le Requiem de Thierry Lancino. Il s’agissait du Chœur de Radio France, parfaitement intégré dans le déroulement dramatique de l’œuvre. © 2011 ON Magazine (France) Lire dans le site de ON Magazine (France)
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Review By Michel Jakubowicz,ON Magazine (France),November 2011
Only few composers of today dare braving this grand form of sacred music which is the Requiem. Yet, it is without any complexes that Thierry Lancino tackles a genre in which Gilles, Mozart, Berlioz, Brahms, Verdi and many other famous composers who preceded him.
Ambitious in his aim, Thierry Lancino’s Requiem, based on a libretto by Pascal Quignard, proposes no less than exploring the immense unknown territories of Death and Time. Opening with a sound that has clear similarities with a mournful tocsin (Prologue), the work includes in its fold two quite extraordinary characters : on one hand the Sibyl, on the other David the warrior who leads us to the devastating Dies Irae, and closes with the Dona eis requiem.
This Requiem, premiered in January 2010 in Salle Pleyel under the baton of the precise and demanding conductor Eliahu Inbal, who was leading the Chœur and Orchestre of Radio France, reveals a composer who is able to revive a sacred form which one thought was definitely obsolete, condemned to pure and simple disappearance. Such a complex, powerful work, was given life thanks to the commitment of the outstanding vocal soloists. This colossal challenge was achieved with great panache by the commanding cast that night at Pleyel… It included the mezzo-soprano Nora Gubisch, and soprano Heidi Grant-Murphy, along with tenor Stuart Skelton and bass Nicolas Courjal.
Another decisive element played quite a part in the Requiem by Thierry Lancino: namely Radio France Choir, which was perfectly integrated in the dramatic unfolding of the work. © 2011 ON Magazine (France) Read the French version of the CD release
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